Sho Kimura a eu un parcours particulier. Son père était pâtissier à Aomori, au Japon et, dès son plus jeune âge, Sho l’a observé au travail. Quand il voulait manger des Kinder et des Kit Kat, son père refusait, histoire de ne pas abîmer son palais. Sho n’a d’ailleurs même pas choisi de devenir pâtissier, c’est son père qui l’y a obligé. Ensuite il a commencé à travailler directement avec d’autres chefs, sans passer par une école. Et enfin, son père lui a également imposé d’aller en France. Il y est arrivé en avril 2017, il ne parlait pas un mot de français. Il avait un visa de vacances.

Après avoir passé quelques mois à Poitiers et à Cherbourg, il est arrivé à Paris où très vite, il est devenu client aux Trois chocolats. C’est là qu’Emiko Sano, la chef chocolatière, lui a donné sa chance en lui proposant de l’employer et en lui obtenant un visa de travail. Pendant trois à quatre ans, tout était vraiment difficile aux Trois chocolats, les clients étaient exigeants, souvent âgés. C’est un peu grâce à Instagram que la pâtisserie a percé. Les photos léchées ont conquis très vite un public de connaisseurs toujours plus nombreux.

Sho Kimura a su mêler le savoir faire pâtissier français à une éducation et une inspiration japonaises. Le résultat : des créations sublimes, comme le gâteau matcha marron en hiver, le mochi à la fraise avec des haricots rouges en été, ou le Goma, qui joue entièrement sur des déclinaisons subtiles de vanille et de sésame noir. Le travail de Sho Kimura ne rencontre pas seulement l’engouement des clients, il est aussi très largement reconnu par ses pairs, qui le saluent comme un maître. Clin d’oeil à son père qui l’a forcé à faire ce métier, mais qui en un sens avait été visionnaire.
